Comme un roman
Catégorie:
Auteur:
Daniel Pennac
Type d'oeuvre:
Date de l'oeuvre:
Description:
Notes:

Un livre épatant et agréable à lire sur l'amour de la lecture et la découverte de la lecture par le jeune public, et comment éduquer les enfants pour qu'ils aiment la lecture. Je trouve super la façon qu'a l'auteur de jongler sur les points de vue: le jeune lecteur, les parents en eux-mêmes, les parents en discussion avec leur amis, etc. et les errements dans lesquelles ils pataugent. Je n'ai pas souvenir d'avoir vécu la plupart des situations qui y sont décrites. Mais elles sont tellement crédibles et leur analyse tellement cohérente, que ça doit être juste.

Extraits:

"La gratuité, qui est la seule monnaie de l'art." (ch12, p39) Remarquable chapitre 15, où l'enfant écrit pour la première fois le mot "maman". "Alors ? Paresseux ? Tout bêtement paresseux ? Non, il allait à son rythme, voilà tout (...). Seulement, nous autre « pédagogues » sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut que ça rende. Et vite! Faute de quoi, c'est de nous-mêmes que nous doutons." (fin du ch.19, p.55). Chapitre 20, où l'on expose le douloureux passage de lecteur-auditeur charmé à celui de lecteur-exigé. "Nous étions son conteur, nous sommes devenus son comptable. -Puisque c'est comme ça, pas de télévision tout à l'heure! Eh! oui... Oui... La télévision élevée à la dignité de récompense... et, par corollaire, la lecture ravalée au rang de corvée... c'est de nous, cette trouvaille..." (fin ch 20) Chapitre 21 cite Rousseau et Paul Valéry fort à propos. Ch22: "Il est, d'entrée de jeu, le bon lecteur qu'il restera si les adultes qui l'entourent nourrissent son enthousiasme au lieu de se prouver leur compétence, stimulent son désir d'apprendre avant de lui imposer le devoir de réciter, l'accompagnent dans son effort sans se contenter de l'attendre au tournant, consentent à perdre des soirées au lieu de chercher à gagner du temps, font vibrer le présent sans brandir la menace de l'avenir, se refusent à changer en corvée ce qui était un plaisir, entretiennent ce plaisir jusqu'à ce qu'il s'en fasse un devoir, fondent ce devoir sur la gratuité de tout apprentissage culturel, et retrouvent eux-mêmes le plaisir de cette gratuité." ch 23 happy end ch 24 citation de Kafka: « On ne fera jamais comprendre à un garçon qui, le soir, est au beau milieu d'une histoire captivante, on ne lui fera jamais comprendre par une démonstration limitée à lui-même qu'il lui faut interrompre sa lecture et aller se coucher. » Partie 2: Il faut lire (le dogme) ch 25: "Emma est capable d'envisager son assiette comme un livre, et lui son livre comme une assiette." ch 26: "Pas la moindre chance donnée au plus petit quart d'heure de retrouvailles avec soi-même. Sus au rêve ! Haro sur l'ennui ! Le bel ennui... Le long ennui... Qui rend toute création possible... -Nous faisons en sorte qu'il ne s'ennuie jamais. (Pauvre de lui...)" ch 29: "C'est un bréviaire que lui récitent ses élèves: Il faut lire, il faut lire ! l'interminable litanie de la parole éducative: Il faut lire... quand chacune de leurs phrases prouve qu'ils ne lisent jamais." ch 30: "le culte du livre relève de la tradition orale." ch 32 en entier (d'autres extraits suivront)

Exploitant:
éditions folio
Date de création de la fiche:
17/03/2001 00:00:00
Date de dernière modification de la fiche:

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