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l'amphi-gouri

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2006-10-06

Choisir un système de fichiers pour un disque dur externe

Alors qu'il existe des solutions universelles pour graver des données sur CD, je ne connais aucune solution parfaite pour un disque dur externe.

Ceux qui utilisent un disque externe sans s'être posé cette question utilisent probablement le système de fichiers FAT32. Je l'utilise comme tout le monde sur mes cartes CompactFlash et ça m'a convenu en général. Mais dans ce cas cela ne convient pas et heureusement ce n'est pas le seul choix. Si un jour cela ne convient pas pour vos usages (vous faites de la vidéo ? vous avez des fichiers dont les noms contiennent de caractères de ponctuation ? vous voulez quelque chose de plus robuste ?) lisez la suite.

Introduction

J'ai récemment acheté un disque dur externe et je me vois obligé de choisir :

  • un système de fichiers (convention pour déterminer comment ranger les différents fichiers et dossiers sur le support numérique), mais aussi
  • un format de partitionnement (il est souvent possible de cloisonner les supports numériques pour choisir dans chaque "tranche" quelle système de fichier on utilise (on peut en choisir un différent pour chaque tranche).

Pourquoi fait-on tout ça ? Si vous n'utilisez qu'un système, il choisira pour vous ce qui lui convient. Mais sachez qu'il ne choisit pas forcément ce qui vous convient le mieux à vous, en particulier le jour où vous voudrez quitter ce système et conserver vos données. Si vous ne faites rien, vous perdrez vos données un jour ou l'autre. A vous de voir si leur importance justifie de se poser la question. Dans le doute : faites des archives sur CD et DVD et conservez-les à l'abri du froid, de la chaleur et de l'humidité.

Notez que ces problèmes se posent moins si vous vous déplacez avec un poste informatique complet plutôt qu'un simple disque dur. En effet un portable complet pourra discuter avec d'autres par un réseau (éventuellement sans fil) quel que soit le format qu'il utilise en interne pour stocker les données. Cela ne vous dispense pas de faire des sauvegardes.

Mon cas est relativement typique de celui qui a :

  • un disque externe (en fait un disque standard branché dans un boîtier adapté)
  • besoin d'un peu plus que les fonctionnalités de base communes à tous les systèmes de fichiers
  • et souhaite pouvoir brancher son disque sur des ordinateurs équipés de Linux ou Mac OS X et parfois Windows

Les besoins en détail

Je dois préciser les besoins car malheureusement alors qu'il existe des solutions universelles pour graver des données sur CD, je ne connais aucune solution parfaite pour un disque dur. Les besoins :

  • Apple : pouvoir lire et écrire le contenu avec le portable Mac
  • Linux : pouvoir lire et écrire le contenu avec le PC équipé de Linux
  • j'utilise abondamment les liens symboliques (aussi appelés alias ou raccourci), notamment pour indexer mes photos numériques. Je veux pouvoir les utiliser et en créer avec Linux et Mac OS.
  • simplicité : je préfère éviter de partitionner/cloisonner/saucissonner
  • parfois en déplacement pouvoir lire et écrire le contenu avec un PC sur lequel seul Windows est installé

Choix d'un format de partitionnement

Ce choix est vite fait : bien que limité, le format de table de partition hérité de MS-DOS suffit dans notre cas et est supporté par tous les systèmes courants. Pour les autres voir partition table sur Wikipedia.

Choix d'un système de fichier

Ceux qui utilisent un disque externe sans s'être posé cette question utilisent probablement le système de fichiers FAT32 mais ce n'est pas le seul choix et nous allons voir qu'il ne convient pas pour l'usage que je souhaite faire.

Pourquoi pas le choix répandu FAT32 ?

Linux, Mac OS et Windows savent certes le lire et l'écrire et il est de conception assez simple. Mais :

  • pas de gros fichiers : impossible d'avoir un fichier de plus de 4Go (peut gêner pour la vidéo, 4Go c'est seulement un quart d'heure de vidéo DV)
  • pas de ponctuation dans les noms de fichiers : si vous avez déjà beaucoup de documents stockés sur d'autres systèmes (par exemple Windows 2000 ou XP) certains ont probablement des noms contenant des caractères de ponctuation. Impossible de les copier sur un volume FAT32 ! S'il n'y en a que quelques-uns, vous pouvez les changer à la main, sinon, au mieux ceux-là ne seront pas recopiés, au pire cela interrompt votre sauvegarde. (Pour éviter les problèmes, je n'utilise dans les noms de fichier que les lettres, chiffres et le caractère souligné, ni accent ni ponctuation. Les noms de fichier n'étant que des outils techniques internes on peut s'en contenter du moment qu'ils peuvent être assez longs pour être clairs.)
  • relativement fragile : on peut perdre beaucoup voire tout si un morceau est abîmé
  • performances initiales honorables mais tendance à la fragmentation ce qui peut les dégrader énormément, à moins de défragmenter régulièrement
  • parfois (mais sous Windows seulement je crois) on a des surprises quand on veut appliquer une opération à un ensemble de fichiers : il l'applique à d'autres en plus ! C'est parce que c'est un format bricolé : en fait les fichiers ont deux noms, un nom court caché et un nom long visible et le nom caché intervient parfois.
  • gros problème pour moi : pas moyen d'avoir des liens symboliques. Il a presque existé une solution nommée uvfat variante de umsdos mais pour Linux seulement et passée à la poubelle de l'histoire.
  • Quelques autres problèmes, voir sur Wikipedia : FAT32 et FAT32

Notez que ces problèmes touchent d'autres supports que les disques (typiquement les clés USB) si vous les utilisez en FAT32. Une clé USB servant souvent de stockage temporaire de moindre volume, la plupart des problèmes n'y sont pas gênant sauf celui de la ponctuation que j'ai justement rencontré en essayant de copier des documents sur une clé USB.

Les options possibles

  • ext2 (format préféré de Linux) : MacOS ne sais pas le gérer en standard. Il existe une solution libre Mac OS X Ext2 Filesystem, sur SourceForge (nécessite probablement des droits d'administrateur). Même genre côté Windows, explore2fs est léger, ne modifie pas le système, lit mais ne semble pas écrire ce qui pour le coup est gênant. Wikipedia cite aussi des pilotes tiers pour Windows (donc nécessité des droits d'administrateur). Tentant.
  • ReiserFs : très avancé techniquement, très performant pour la plupart des usages, même si la différence ne se voit quasiment que quand on manipule beaucoup de petits fichiers. Mac OS ne le lit pas. Exclus pour le moment, intéressant à l'avenir.
  • HFS+ : créé par Apple, lu nativement par Linux. Apparemment Linux utilise le code qu'Apple a publié en Open-Source donc ça devrait être robuste et fiable. Pas lu par Windows pour le moment.

Les jokers

Il y a aussi deux jokers cumulables :

  • Joker 1 : chez un windowsien je peux s'il est d'accord démarrer le PC sur un CD Ubuntu que je garde avec le boîtier. C'est très facile et sans risque, il faut toutefois attendre environ trois minutes et le lancement des programmes est un peu ralenti. On peut même en même temps montrer Ubuntu au propriétaire du PC voire lui installer s'il le souhaite ou simplement lui offrir une copie du CD.
  • Joker 2 : je peux aussi installer une Knoppix dans un coin du disque dur externe avec l'option de conserver l'auto-détection complète du matériel comme quand on démarre sur le CD. Tout serait rapide donc plus élégant.

Enfin notons que :

  • ext2 a l'avantage qu'il existe des outils de redimensionnement (si je veux partitionner différemment) mais ce n'est pas un argument fort car un disque conçu comme une sauvegarde (donc une réplique) peut se permettre d'être momentanément effacé (après avoir vérifié l'intégrité de l'original bien sûr) le temps de repartitionner.
  • ext3 n'est probablement pas souhaitable car le journal complique les choses ce qui peut signifier une moindre fiabilité hors de Linux.
  • HFS+ semble plus riche fonctionnellement que ext2 et a le bon goût de préciser comment sont codés les caractères accentués.

Si je tenais à conserver le disque en un bloc je pourrai utiliser :

  • tout ext2, avec Mac OS X Ext2 Filesystem, sur SourceForge (mais il faut s'assurer que c'est pratique et fiable) et pour Windows explore2fs (idem) ou l'un des jokers. Je garderais une petite partition FAT32 pour stocker les programmes d'installation des pilotes pour Windows et Mac OS X. Plus pratique pour faire souvent des échanges avec un petit nombre de machines sous Windows ou Mac OS.
  • tout HFS+, rien à installer sur Linux ou Mac, mais pour Windows il ne reste que les jokers.

Solution retenue

J'ai choisi HFS+ qui convient parfaitement pour l'usage régulier. Je peux réserver une portion du disque au format FAT32 et un petit morceau d'ext2 pour le Knoppix. Ainsi :

  • le quotidien est très bien couvert
  • le cas Windows ponctuel est couvert par le morceau FAT32
  • les jokers (LiveCD Ubuntu, Knoppix sur disque dur) couvrent les autres cas Windows

Bien sûr, on aimerait que l'informatique soit plus simple et nos descendants se marreront bien de la complexité actuelle (si toutefois il reste des traces de tout cela).

En attendant, si ces informations peuvent vous être utile face à une situation similaire, alors je suis heureux de vous avoir rendu service.

Vos commentaires

Le 2006-10-09, commentaire par David Latapie :: #

Salut,

Pas tout à fait la même chose

- raccourci Windows : un fichier dédié, .lnk. Le moins de fonctionnalités
- alias : raccourci Apple basé sur des métadonnées, ce n’est pas complètement transparent au système. Taille : 20 Ko
- lien symbolique : transparent au système, tout ce qui peut être fait sur le programme peut-être fait sur le lien symbolique (inversement, faire quelque chose sur le lien symbolique qui n'affecte pas le programme est plus difficile). OS X ne permet *pas* de faire des liens symbolique, du moins, pas par l'interface Aqua. Le terminal le permet bien sûr, ainsi que des applications commme OnyX, qui rendent la chose plus simple pour des personnes non habituées au Terminal. Taille : 4 Ko (en fait quelques octets, mais c’est une question de cluster)

Le 2006-10-17, commentaire par Stéphane Gourichon :: email :: #

Pour vérifier et réparer éventuellement les systèmes de fichier HFS+ j'ai suivi avec un succès immédiat les intructions sur fscking HFS+

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