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l'amphi-gouri

Pour une utilisation sereine et équilibrée des technologies de l'information.

2005-12-29

DADVSI, un nouvel espoir*

Résumé :

  • rappels de quelques éléments de l'absurde projet de loi DADVSI
  • rappel que l'épisode suivant est le 17 janvier. Il est du devoir de chaque citoyen de se renseigner, de se faire son opinion et d'en parler autour de lui.

Sauf si vous ne fréquentez ni jeunes ni artistes contemporains ni utilisateurs de logiciels libres ni audiophile ni cinéphile ni journal ni aucun des nombreux sites qui en parlent, vous avez entendu parler du projet de loi dit DADVSI.

Rappelons qu'il s'agit d'une tentative absurde, avec la complicité semble-t-il du Ministère de la Culture, télécommandé par quelques grosses entreprises nord-américaines via le déplorable EUCD (frère du DMCA américain), pour créer au profit de ces dernières un monopole artificiel sur les oeuvres culturelles disponibles sous forme numérique en supprimant une série de libertés des artistes, des citoyens qui achètent de la musique, des films ou autres oeuvres sur support numériques.

Le principe consiste à placer des obstacles techniques artificiels à la lecture des oeuvres et ficeler tout le monde dans un cadre légal qui assimile à de la contrefaçon toute tentative de contourner ces obstacles. Le projet se justifie en prétendant défendre les artistes contre les pertes que cause la disponibilité non-officielle de leurs oeuvres sur l'Internet, perte qui n'est pas prouvée. La réalité est qu'elle tend à instaurer un droit de lire. Ce dernier point est particulièrement grave : au bout d'un tel processus, 1984 de Georges Orwell ou Fahrenheit 451 passent de la fiction à la réalité.

Comme dommage collatéral on notera la castration de fait de tout logiciel libre vous permettant d'accéder à une oeuvre, par exemple lire un DVD que vous avez pourtant acheté. Le monopole s'étendrait jusqu'à rendre impossible l'utilisation de lecteurs (de type MP3 ou DVD portable par exemple) indépendants, acroissant d'autant le pouvoir déjà excessif que possèdent ces grosses entreprises. Il serait même question qu'OpenOffice devienne illégal pour les mêmes arguments car il contournerait les mesures de protection techniques qui vous empêchent de lire des documents que vous avez confié à Microsoft Word du temps où vous en étiez un bien insouciant utilisateur. On instaure aussi un obscurantisme qui rend illégal toute lumière jetée sur les mécanismes de protection, fussent-elles du domaine de la recherche en sécurité informatique ou de l'annonce publique d'un moyen simple de contourner une protection. Enfin, cerise sur le gâteau, certaines interprétation du texte déduisent que les logiciels qui font fonctionner le web et l'e-mail (dont une bonne proportion de logiciels libres) deviendraient illégaux car on pourrait s'en servir pour copier des oeuvres protégées, donc il faudrait les remplacer par d'autres qui ne peuvent pas être libre.

Comment ces gens peuvent-ils s'imaginer qu'en traitant tous leurs clients comme des voleurs a priori ils seront traité avec bienveillance ? L'existence de l'Internet a vocation à révolutionner tout ce qui concerne l'échange d'information, autrement dit c'est vaste. Si les artistes y trouvent un terrain de prospérité en se passant des coûteux circuits traditionnels de distribution, la défense des "majors" pourrait devenir aussi vaine que si les dinosaures avaient tenté d'enrayer leur disparition face aux mammifères (tiens d'autres y ont pensé).

Devant une telle manipulation qui espérait passer inaperçue, le tapage autour de ce projet de loi a eu au moins un autre mérite : rappeler à tous les jeunes qui exigent avec raison de conserver certaines libertés quelques éléments sur la façon dont les lois sont faites, cf le billet suivant.

(*) Le titre de ce billet est une bien facile allusion à vous inviter à rester attentif à l'épisode suivant : à partir du 17 janvier, les majors contre-attaquent. Continuez à parler de cette affaire autour de vous, c'est important !

Vos commentaires

Le 2005-12-30, commentaire par domi :: #

", télécommandé par quelques grosses entreprises nord-américaines via le déplorable EUCD (frère du DMCA américain),"

ya une erreur non ? ils proposent justement de s'opposer a cette loi.... dites moi je me trompe...

Le 2005-12-30, commentaire par Stéphane Gourichon :: #

On peut lire plus de détails sur l'action du ministère de la culture sur plusieurs sources, celle qui me vient à l'esprit est
www.couchet.org/blog/inde...

Il est écrit notamment :

"En étant le plus parfaitement objectif possible, on ne peut que constater que les conditions dans lesquelles le gouvernement (et notamment le ministre de la Culture) a mené ce projet de loi depuis décembre 2002 est inacceptable d'un point de vue démocratique. Le ministère n'a fait que le jeu des majors, a méprisé les droits des artistes, du public et a consciencieusement ignoré les informations sur les conséquences économiques et sociales du projet de loi."

Le 2006-01-26, commentaire par Stéphane Gourichon :: email :: #

Le ministère a pris la peine de solliciter et réaliser des discussions pertinentes autour de ce projet comme on peut le lire sur la chronique de Bertrand Lemaire : DADVSI : réunion au ministère de la culture. C'est bon signe et suggère une véritable bonne volonté.

Le 2006-03-13, commentaire par Stéphane Gourichon :: site :: #

Les nouveaux épisodes sont à lire ... et à écrire ... sur eucd.info/ .

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