2004-03-24
Microsoft : "Je veux bien abuser un peu moins, mais seulement pendant une heure."
Quand Microsoft affirme accepter de cesser l'une des nombreuses ventes liées dont elle est coupable, mais surtout pas les ventes liées futures
Ce matin sur France Info, un chroniqueur a parlé de la énième affaire Microsoft, à propos du tort causé aux logiciels dit "multimédias" par la vente liée du lecteur de media Windows (aussi appelé "lecteur Windows media") avec le système Windows, ce dernier étant en général en vente liée avec l'ordinateur lui-méme.
Le journaliste comparait cette pratique avec la vente d'une voiture avec pneus, essence et permis de conduire inclus. L'analogie est assez bonne. Heureusement on ne vend pas de permis de conduire. L'essence ne se duplique pas et se consomme, c'est l'inverse du logiciel. Microsoft serait très content si on devait payer régulièrement pour quelque chose qui se duplique à coût nul et ne se consomme pas.
Microsoft affirme être prête à ne pas distribuer le lecteur de media Windows, mais ne veut pas s'engager à ne pas recommencer à l'avenir avec d'autres produits. Un porte-parole de Microsoft donne l'exemple de la reconnaissance vocale : Microsoft n'aurait pas le droit de faire de la vente liée des fonctions de reconnaissances vocales avec Windows ?
Je proposerai l'analogie avec l'installation d'une cuisine ou d'une salle de bain. Tout le monde s'attend à trouver dans une salle de bain baignoire ou douche, lavabo, porte-serviettes et autres accessoires. La société minimou propose des salles de bain toutes équipées. Que dis-je. Muni de son monopole acquis à coups de contrats de vente liée avec les constructeurs immobiliers, elle impose son modèle de salle de bain à presque tous les immeubles neufs.
"Puisque vous nous accusez de vente liée, nous voulons bien vendre nos salles de bain sans le lavabo. Mais le jour où le sèche-cheveux sera un appareil courant, nous ne pouvons accepter de laisser aux gens le choix de prendre ou non notre modèle de sèche cheveux ou celui d'un concurrent : nous vendrons de force notre sèche-cheveux avec notre salle de bain vendue de force avec l'appartement. De toute façon les prises de nos salles de bain ne sont pas aux normes, en conséquence les sèche-cheveux de nos concurrents ne fonctionnent pas bien et sont même dangereux. Il faut interdire la concurrence monsieur le juge."
Par Stéphane Gourichon, catégorie Découvrir :: Lien permanent
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